viernes, marzo 15, 2013

las azucenas orgullosas



III. Después de tres años

Tras empujar la puerta estrecha que vacila,
yo así me paseé por el jardín pequeño
que alumbraba dulcemente aquel sol matutino,
asperjando cada flor de un húmedo destello.

Nada ha cambiado, Y lo vi todo: la humilde glorieta
de viña loca con las sillas de rotén...
El surtidor hace aún su murmullo argentino
y el tiemblo viejo su quejo sempiterna.

Las rosas como antaño palpitan; como antaño
las azucenas orgullosas se balancean al viento.
Cada alondra que va y viene me es conocida.

Incluso me encontré aupada la Velleda
cuyo yeso se agrieta al cabo la avenida,
-frágil, entre el dolor soso de la reseda.

Paul Verlaine, Metz, 1844 - París, 1896
en Paul Verlaine, Antología poética, Bosch, Editorial, Barcelona, 1984
imagen de Simon Strong© – Portrait of Alexandra, en Uno de los nuestros


Après trois ans

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

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